Je vous dirais bien qu’il s’agit du journal d’une rebelle à destination d’une rebelle/d’autres rebelles mais l’ambition est plus grande et complexe.
Je ne crois pas que l’on soit rebelle ou docile, forte ou douce. Je crois que toutes les femmes sont tout ça, et qu’en fonction de notre vécu, de notre caractère, des circonstances à l’instant T, on s’adapte en exacerbant l’un ou l’autre de ces traits.
Une femme (tout comme un homme mais je n’ai pas la prétention ici de savoir ce qui se passe dans la tête d’un homme – si seulement…) est un être complexe, souvent confrontée à des combats à mener qu’elle n’a pas choisi. Devoir se faire entendre dans une réunion où elle n’a pas le droit à la parole, activités jugées masculines dont elle est exclue, vulnérabilité qui lui est attribuée par défaut et qui fait d’elle une proie de choix (et de facilité) pour les mâles en mal de virilité.
Nous aimerions être légères, porter une jupe quand le cœur nous en dit, courte, longue ou en-dessus du genou en fonction de nos goûts et de nos humeurs. On n’a pas demandé à se faire insulter dans la rue, siffler pour notre look jugé trop sage ou trop débridé, au choix, ni même sexuellement harcelées car encore aujourd’hui la longueur d’un vêtement peut être considérée comme un appel au viol. Franchement, à choisir, on passerait bien nos journées tranquilles à réfléchir sur la finalité de la vie et autres questions existentielles. Mais, voilà, le quotidien d’une femme n’est jamais aussi simple. Des petits combats pour lutter contre la charge mentale et déléguer la liste de courses, à l’apprentissage de la self defense, notre parcours est semé d’embuches. Et puis s’il nous prend l’envie de nous en plaindre, voilà que l’on devient pleurnicheuse et non fréquentable.
Bref, je ne vous apprends rien de neuf jusqu’ici. Moi, ces petites injustices quotidiennes à l’égard des femmes et bien, subjectivité oblige, ça me titille les ovaires, et provoque régulièrement des mouvements d’humeur. Et, surprise, ces mouvements d’humeur et de contestation ont commencé à faire de moi une rebelle, une féministe, une fauteuse de troubles parfois.
Comme je suis une femme, et que j’ai été élevée ainsi, mon premier réflexe face ce constat a bien entendu été de me remettre en cause. Cela a duré des années à essayer de trouver le bon équilibre entre les féministes extrémistes qui veulent brûler tous les détenteurs de testérone et les femmes qui trouvent leur compte à être le paillasson de quelqu’un d’autre.
Et puis finalement, je me suis dit qu’il n’y avait aucune obligation à choisir un camp. Que je pouvais continuer mon petit bonhomme de chemin sans avoir de rendre de compte à personne. Et en continuant mon petit bonhomme de chemin, je me suis aperçue qu’il y avait beaucoup de femmes qui avaient du mal à se positionner dans cette société en évolution perpétuelle, avec des progrès et des régressions au fil des périodes et des personnes croisées. Des femmes qui comme moi aiment bien les hommes, en connaissent même des très recommandables et franchement bienveillants à l’égard des femmes, même s’ils n’ont pas toujours le mode d’emploi ou tous les codes. Les codes, de drague, du couple, ils sont en train de changer et c’est bien, le changement. Mais eux aussi les hommes, ça fait du remue-ménage dans leur quotidien, tout ce chamboulement. Et je trouve que nous sommes les meilleurs alliés les uns des autres pour comprendre comment on peut améliorer le rôle des uns et des autres. Et puis toutes ces femmes avec ce potentiel incroyable, moi parfois ça m’émeut aux larmes. La sororité des femmes, entre les femmes, envers les femmes, une main tendue d’une femme à une autre, je trouve qu’il n’y a pas grand-chose de plus beau.
Pourquoi Nikita ? Parce qu’elle a été forcée à devenir une guerrière, par un homme sous couvert d’une bienveillance et d’un attachement pas toujours sains, mais qu’elle a su s’éloigner des armes aussi quand il le fallait.
Alors voilà je suis juste une femme, un peu rebelle il paraît, qui dans une démarche assez égoïste a envie de prendre la plume pour partager ce qu’elle vit au quotidien en se disant que peut-être cela parlera à certaines d’entre vous. Je parle sous couvert d’anonymat car je représente une femme et que je ne veux pas être limitée à mon âge, ma situation, ma taille, la couleur de mes cheveux, de mes yeux, de mes tenues vestimentaires. Je veux être une voix, juste une voix, une bien modeste voix. Je ne suis plus la rebelle, la non conformiste, je ne veux plus d’aucune étiquette et juste coucher des mots sur du papier et lancer des bouteilles à la mer. N’hésitez pas l’ouvrir si vous en voyez passer une 😉

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